La fibre optique domine désormais très largement le marché français de l’internet fixe. Au 31 mars 2026, elle représente 84 % des abonnements et dessert potentiellement près de 95 % des locaux. Le dernier observatoire de l’Arcep montre cependant un changement de cycle : les déploiements ralentissent, le cuivre disparaît rapidement et les revenus des opérateurs commencent à reculer.
La France compte désormais 33,1 millions d’abonnements internet fixes, soit 410 000 de plus qu’un an auparavant. Cette progression repose presque entièrement sur la fibre optique, dont le parc atteint 27,7 millions d’abonnés, en hausse d’environ 2,6 millions sur douze mois.
Le FTTH représente ainsi 84 % du marché de l’internet fixe, contre 77 % un an plus tôt. Il concentre également 94 % des abonnements à très haut débit. Toutes technologies confondues, le très haut débit atteint 29,5 millions d’accès, soit 89 % du parc internet français.
Cette dynamique correspond toutefois davantage à une migration technologique qu’à une véritable expansion du marché. Alors que la fibre gagne 2,6 millions de clients en un an, le nombre total d’abonnements internet n’augmente que de 410 000. La majorité des nouveaux abonnés FTTH provient donc du cuivre, du câble ou d’autres technologies intermédiaires.

Une couverture proche de 95 %, avec des déploiements moins rapides
À la fin du premier trimestre 2026, 42,8 millions de locaux sont raccordables au FTTH, sur un total estimé à 45,1 millions. Environ 2,3 millions de locaux restent donc à couvrir pour atteindre une couverture théorique complète du territoire.
Le chantier avance toujours, mais beaucoup moins rapidement qu’au plus fort du plan France Très Haut Débit. Le nombre de locaux raccordables a progressé de 1,7 million en un an, contre un pic de 6,2 millions de prises supplémentaires à la mi-2021.
Ce ralentissement est logique à mesure que les opérateurs approchent de la fin du déploiement. Les dernières zones à couvrir sont aussi souvent les plus dispersées, les plus complexes ou les plus coûteuses.
Parallèlement, le ratio entre abonnements actifs et locaux couverts continue de progresser. Il atteint désormais 65 %, contre 61 % un an auparavant et 45 % au début de l’année 2021. Il subsiste néanmoins un écart de plus de 15 millions entre les locaux raccordables et les abonnements FTTH actifs.
Le réseau cuivre s’effondre
La généralisation de la fibre accélère mécaniquement la disparition du cuivre. Le nombre d’abonnements xDSL est tombé à 2,95 millions, en baisse de 36,7 % sur un an. En incluant les autres accès à haut débit, le parc ne représente plus que 3,58 millions d’abonnements, contre 5,29 millions un an auparavant.
La France compte encore 6,77 millions de lignes sur le réseau cuivre, mais leur nombre a reculé de 30 % en douze mois. Parmi elles, 4,27 millions supportent un abonnement DSL et 2,25 millions sont encore utilisées uniquement pour la téléphonie traditionnelle.
La même tendance apparaît sur le marché de gros. Le nombre de lignes en dégroupage ou en bitstream, qui permet aux opérateurs alternatifs de proposer des offres sur le cuivre, a chuté de 40 % en un an, à 1,68 million.
Les box 4G et 5G restent un complément à la fibre
Dans ce marché largement dominé par le FttH, les box 4G et 5G fixes continuent néanmoins de progresser. Leur parc atteint 656 000 abonnements, en hausse de 23,3 % sur un an.
Ces solutions ne représentent encore que 2 % du marché internet. Elles sont surtout destinées aux particuliers et aux entreprises disposant d’une bonne couverture mobile, mais d’un accès ADSL insuffisant ou d’un raccordement en fibre indisponible ou difficile.
Leur usage augmente rapidement. Les utilisateurs ont consommé près de 525 000 téraoctets au premier trimestre 2026, soit 41 % de plus qu’un an auparavant. La consommation moyenne atteint environ 267 Go par mois et par box.
Les autres technologies de très haut débit perdent en revanche du terrain. Le câble, le VDSL2, le satellite, le THD radio et les accès intermédiaires sont progressivement remplacés par la fibre. Hors FttH, le nombre d’abonnements à très haut débit est tombé à environ 1,8 million.
Plus d’abonnés fibre, mais moins de revenus fixes
La principale alerte de l’observatoire est économique. Malgré la progression du FTTH, les revenus des services fixes reculent pour le quatrième trimestre consécutif.
Ils atteignent 4,37 milliards d’euros HT au premier trimestre 2026, en baisse de 0,7 % sur un an. Cette évolution marque une rupture après plusieurs années de croissance, avec un pic de progression de 3,6 % au deuxième trimestre 2024.
Les services internet à haut et très haut débit continuent pourtant de générer davantage de revenus. Leur chiffre d’affaires atteint 3,71 milliards d’euros, en hausse de 1,7 %. Mais cette croissance ralentit nettement : elle dépassait encore 6 % en 2024.
Cette progression ne suffit plus à compenser le déclin des anciennes activités. Les services bas débit et RTC ne génèrent plus que 186 millions d’euros, en baisse de 21,8 %. Les accès de haute qualité et les réseaux intersites destinés aux entreprises reculent également de 7,4 %, à 470 millions d’euros.
La facture moyenne des abonnés internet se stabilise, elle aussi, à 37 euros HT par mois. Après les augmentations tarifaires observées entre 2022 et 2024, elle ne progresse plus que de 0,3 % sur un an.

Le marché de gros de la fibre se normalise
Le ralentissement est également perceptible dans les échanges entre opérateurs. Les revenus de l’interconnexion et de l’accès sur les réseaux fixes atteignent 1,56 milliard d’euros, en baisse de 4,7 % sur un an.
Les revenus de gros liés à l’accès internet s’établissent à 1,23 milliard d’euros. La fibre reste le principal moteur de ce marché, avec 1,06 milliard d’euros de revenus issus des accès passifs et activés, en progression de 1,7 %.
À l’inverse, le cuivre et les autres technologies ne représentent plus que 167 millions d’euros, en baisse de près de 25 %.
Les revenus liés au cofinancement des réseaux FTTH reculent également de 17 %, après avoir augmenté de 15 % un an auparavant. Cette évolution traduit la fin progressive de la phase de construction massive : les grands investissements initiaux pèsent moins, tandis que la valeur se déplace vers l’exploitation, la maintenance, les raccordements finaux et la qualité de service.
La télévision résiste, la téléphonie fixe disparaît des usages
La box internet conserve une place centrale dans les foyers français. Parmi les 33,1 millions d’abonnements fixes, 25,4 millions incluent un service de télévision, soit près de 77 % du parc.
La progression repose exclusivement sur les réseaux autres que le cuivre. Les accès TV sur fibre, câble ou satellite atteignent 22,82 millions, en hausse de 7,6 %. À l’inverse, la télévision sur xDSL chute de 33 %, à 2,57 millions d’abonnements.
La téléphonie fixe poursuit, elle, son déclin. Le trafic vocal est tombé à 4,48 milliards de minutes au premier trimestre, soit une baisse de 18,2 % en un an. Un utilisateur ne téléphone plus en moyenne que 41 minutes par mois depuis une ligne fixe.







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